Sarah Kane, 4 48 psychose  posté le mercredi 18 avril 2012 17:36

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" s'il vous plait ne me dépecez pas pour trouver

comment je suis morte

je vous dirais comment je suis morte.

 

Cent Lofepramine, quarante-cinq Zopiclone, vingt-cinq Temazepam et vingt Melleril ..."

Ce pourrait être un dialogue entre une patiente et son médecin. Une cliente et son avocate. Une femme et elle-même. Comment définir cet ovni littéraire qu'est 4.48 psychose? C'est une pièce de théâtre, mais aussi une poésie, une prière et un réquisitoire . C'est "le retour du tragique" en Grande-Bretagne, quatre siècles après Shakespeare. Un cri de violence et de désespoir contre l'amour perdu, la sollitude, l'indifférence.

Dès sa première pièce parue en 1995, Sarah Kane défraye la chronique... dans le mauvais sens.  Les critiques voient en cette "brutalist" une adolescente attardée en mal de reconnaissance, et on pense même à réintroduire la censure en Angleterre. Sans intêret, gratuitement cruelle, fade, tordue, telle serait l'oeuvre de la jeune dramaturge à en croire la presse. Elle prend la pose. Vraiment?

Le soir du 20 février 1999, Sarah Kane met fin à ses jours dans un hôpital de Londres. Elle avait vingt-huit ans.

"Regardez-moi disparaître

Regardez-moi... disparaître..."

 

 

 

 

 

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Quand j'étais Jane Eyre, Sheila Kohler  posté le dimanche 05 février 2012 12:16

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Ce titre, pour qui a lu (et aimé) les aventures de la petite Anglaise, a de quoi être accrocheur.

Pourquoi Charlotte Brontë a-t-elle écrit Jane Eyre ? Dans quelles conditions ? Comment est née son héroïne, à la fois si proche et si loin d’elle ?

Sa frustration furieuse, son amour ineffable pour ses frères et sœurs, sa hargne de réussir, Sheila Kohler nous dit tout de cette jeune femme que l’Angleterre entière connaîtra sous le nom de Currer Bell. Quand j’étais Jane Eyre est un voile levé sur une institution, la vérité derrière « le triple mystère Bell ». En plongeant dans l’intimité de cette personne passionnée et sensible, on a l’impression de faire directement connaissance avec Charlotte Brontë, une fille exactement comme les autres… à ceci près qu’elle est sans doute la Britannique la plus célèbre au monde.

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Jane de la Vaudère  posté le vendredi 13 janvier 2012 10:40

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Dans la catégorie des écrivains (au féminin) injustement oubliées, il y a aussi Jeanne Scrive, dite Jane de la Vaudère (1957-1908). Elle est la Zola des femmes. Son oeuvre très variée et prolifique (romanesque, théâtrale, poétique), eut un immense succès en son temps en dépit des féroces critiques dont elle a souffert. Elle était célèbre pour son écriture réaliste et décadente (folie d'opium, le sang...) son goût pour l'exotisme (Le Harem de Syrta, les courtisanes de Brahma), et son adaptation de la nouvelle de Zola Pour une nuit d'amour en pièce de théâtre. Dans les années 1890, quand elle pose sa candidature pour devenir membre de la société des gens de lettres, elle commence une longue correspondance avec l'auteur des Rougon-Macquart.

Quand elle s'éteint en 1908, le quotidien "Le Temps" lui accorde ces quelques mots: "on annonce la mort d'un écrivain connu, madame Jane de la Vaudère, auteur de plusieurs ouvrages où la hardiesse du sujet n'enlevait rien à la grâce littéraire." Nul se doutait alors de l'oubli où elle allait plonger.

 

Par chance, il paraîtrait que grâce à quelques récentes études, Jane de la Vaudère pourrait trouver prochainement la place qu'elle a mérité dans les manuels scolaires, aux côtés de Maupassant et Zola.

 

(ci-contre: Jane de la Vaudère à sa table de travail)

 

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Agnes Grey, Anne Brontë  posté le mercredi 31 août 2011 10:27

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Un roman taxé à tort de moraliste et simpliste. Agnes Grey, premier livre publié d'Anne Brontë, se présente sous la forme de mémoires d'une jeune gouvernante. Dans ce récit largement autobiographique, elle met en scène le quotidien, beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, d'une jeune fille confrontée dès l'âge de 19 ans aux sarcasmes de ses supérieurs, à la méchanceté des enfants gâtés, à l'hostilité du monde domestique. Mais si la vie est dure loin de son village natale, Agnes Grey ne baisse pourtant pas les bras. Déterminée à sauver sa place et son honneur, elle liera, à force de patience, des amitiés improbables, et gagnera chaque jour en aplomb et en maturité.

Un beau roman d'apprentissage au féminin qui nous permet d'en apprendre un peu plus sur son discret auteur, et nous fait découvrir un personnage aussi attachant que fascinant.

 

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Anna de Noailles  posté le samedi 26 mars 2011 14:36

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La princesse Anna de Noailles (1876-1933), est une romancière et poétesse d'origine greco-roumaine de culture française. Première femme commandeur de la légion d'honneur, créatrice du prix fémina, habituée des salons , elle est l'amie de Gide, de Barrès, de Valéry, de Cocteau... son oeuvre, inspirée par Hugo, Lamartine, Sand, très lyrique, est imprégnée de rêveries végétales, d'images à la fois classiques et romantiques.  Sensible à la fuite du temps, nombre de ses poèmes sont teintés de mélancolie plus ou moins amère, plus ou moins sombre.

J'ai découvert cet auteur, injustemment bannie des manuels scolaires, il y a très peu de temps. Après avoir lu son roman le Visage émerveillé -qui vaut le détour au moins pour son bizarerrie-, je me suis penchée avec plaisir sur sa poésie, qui m'a profondément séduite. Voici quelques uns de ses plus beaux vers, extraits pour certains de son recueil Le Coeur inombrable:

Il fera longtemps clair ce soir

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...

Les marronniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n'ose pas marcher ni remuer l'air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

De lointains roulements arrivent de la ville...
La poussière, qu'un peu de brise soulevait,
Quittant l'arbre mouvant et las qu'elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles.

Nous avons tous les jours l'habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir...

Il n'est pas un instant

Il n'est pas un instant où près de toi couchée
Dans la tombe ouverte d'un lit,
Je n'évoque le jour où ton âme arrachée
Livrera ton corps à l'oubli. [...]

Quand ma main sur ton coeur pieusement écoute
S'apaiser le feu du combat,
Et que ton sang reprend paisiblement sa route,
Et que tu respires plus bas,

Quand, lassés de l'immense et mouvante folie
Qui rend les esprits dévorants,
Nous gisons, rapprochés par la langueur qui lie
Le veilleur las et le mourant,

Je songe qu'il serait juste, propice et tendre
D'expirer dans ce calme instant
Où, soi-même, on ne peut rien sentir, rien entendre
Que la paix de son coeur content.

Ainsi l'on nous mettrait ensemble dans la terre,
Où, seule, j'eus si peur d'aller ;
La tombe me serait un moins sombre mystère
Que vivre seule et t'appeler.

Et je me réjouirais d'être un repas funèbre
Et d'héberger la mort qui se nourrit de nous,
Si je sentais encor, dans ce lit des ténèbres,
L'emmêlement de nos genoux...

Le jardin et la maison

Voici l'heure où le pré, les arbres et les fleurs
Dans l'air dolent et doux soupirent leurs odeurs.

Les baies du lierre obscur où l'ombre se recueille
Sentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles,

Le jet d'eau du jardin, qui monte et redescend,
Fait dans le bassin clair son bruit rafraîchissant ;

La paisible maison respire au jour qui baisse
Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses.

Le feuillage qui boit les vapeurs de l'étang
Lassé des feux du jour s'apaise et se détend.

- Peu à peu la maison entr'ouvre ses fenêtres
Où tout le soir vivant et parfumé pénètre,

Et comme elle, penché sur l'horizon, mon coeur
S'emplit d'ombre, de paix, de rêve et de fraîcheur...

 

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